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Marseille vraiment, paru en octobre 1988, était mon premier livre. Je voulais dévoiler le regard d’un authentique Marseillais sur sa ville. Ma mère n’a-t-elle pas accouché dans une clinique de Montolivet : la clinique Beau regard? Ce nom m’était prédestiné !
Dans ce premier ouvrage j’avais fait l’inventaire des lieux qui me semblaient être important comme le palais Longchamps, la vieille Charité, st-Victor…..mais aussi le palais de l’automobile, le Lycée Thiers, l’alcazar, le mur de Crinas, les Goudes…
En réalisant ces images, j’avais une préoccupation, l’original perdu par le temps mais aussi par l’acte photographique: la troisième dimension. Quand aux habitants, ils étaient derrière l’image. Une fenêtre éclairée sur un façade a pour moi beaucoup plus de présence humaine qu’un visage figé par l’instantané, comme un papillon épinglé par l’entomologiste.
Mon grand père peseur juré qui a travaillé toute sa vie sur les quais et mon père pilote des ports rappellent que depuis 2600 ans cette ville est tournée vers la mer, mais la petite crémerie que tenait ma grand-mère à la place Pierre Brossolette aux chartreux rend hommage à tous ces Marseillais qui vivent le dos tourné à la mer, dans un Marseille aux volets clos, parfois même sans avoir jamais mis les pieds sur le port. Quand on la compare aux autres villes de la méditerranée, c’est là une des contradiction majeure de Marseille.
Avec mon dernier livre Marseille, chemins d’intimité paru en 2005, ces deux faces de cette ville mystérieuse et magique se sont imposées à moi et le livre s’est construit autour d’elles : la première partie est une promenade le long du bord de mer, des Goudes à l’Estaque, la seconde est une errance dans la ville aux volets clos au hasard des lieux. Mais si vous regardez une de ces images, surtout n’oubliez jamais que : «Ceci n’est pas une carte postale !».

Christian RAMADE.

 

Marseille est ma ville natale. Mais je ne m’y reconnais pas toujours très bien aujourd’hui. Tout change, au fil du temps et de la mémoire. Voilà pourquoi le recours -j’allais presque dire le secours- à un photographe est précieux.. Il arrête, il fixe, il cadre et il nous montre que la ville est bien là, avec tout ce qui reste en elle d’intensément présent. C’est ce que fait Christian Ramade dans une suite d’images qui nous révèlent Marseille présente et plurielle.

Raymond JEAN
Ecrivain
Préface du livre « Marseille chemins d’intimité »