< < Home Revenir aux vignettes de la série Verticales

 

       TEXT IN ENGLISH   

 

La carte postale est une « Pagnolade », c’est la seule image d’une ville que vous ne pourrez jamais voir si vous y allez. La première fois que je me suis rendu à Rome je m’attendais à trouver des ruines. J’ai eu la surprise de découvrir 5 millions d’êtres qui vivaient là.
Même d’un petit village de la France profonde la carte postale donne une image perverse. Le photographe qui y habite aura loisir de choisir le plus beau jour de l’année, la meilleure lumière, l’angle de prise de vue idéal où l’on ne voit aucun poteau électrique, aucune antenne de télé, ni même la vieille grange qui cache si bien le nouvel entrepôt…C’est pourquoi dans ces panoramiques je ne vous épargne aucune antenne, aucun fil aérien ni pylône électrique (ce sont là de merveilleux repoussoirs pour ma « boîte à perspective »), et c’est un bonheur de composer ces images avec eux. Profitons-en tant qu’ils sont encore là: dans quelques années les antiquaires nous les vendront à prix d’or pour que nous les exhibions dans nos jardins aseptisés et dans nos musées.

Christian Ramade
Le panoramique est un Format difficile à utiliser en ville car il a vocation à enregistrer de vastes étendues se déployant latéralement alors que l’espace urbain est encombré de multiples poteaux porteurs de panneaux de signalisation, de feux de circulation ou de lampadaires dont les verticales inévitablement couperont la photographie faite.
Christian Ramade qui a entrepris de photographier le paysage en panoramique et en couleurs, a décidé d’affronter – au sens propre, d’attaquer de front, de face- la difficulté et de tirer des effets esthétiquement heureux et, le cas échéant, sémantiquement féconds de cette sujétion.
Jean Arrouye